photo d'un dirigeant d'entreprise Stéphane Torck

Stéphane Torck : un salarié peut faire autant de formations qu’il souhaite

Président du Club APM Shanghaï Li Ming, Stéphane Torck dirige le groupe Beaumanoir en Chine. Depuis cinq ans, il a initié et développé des modules de formation pour tous, par tous et ouverts à tous. Eclairage !

Depuis quand êtes-vous en Chine et que représente votre groupe ?

Je travaille depuis vingt ans en Asie et depuis dix-sept ans en Chine. Je dirige le groupe Beaumanoir en Chine qui représente 1000 magasins sous la marque Cache-Cache. Je développe cette marque de prêt-à-porter féminin depuis sept ans sur l’ensemble du territoire chinois. Nous avons développé des collections conçues en Chine pour la Chine. Nous les avons ainsi adaptées en termes de prix, de style, de coupes, de couleurs … Nous sommes présents dans plus de 250 villes, 25 provinces, nous embauchons 400 personnes au siège et 5 000 salariés directs et indirects.

Vous avez initié des modules de formation pour tous, par tous et ouverts à tous, comment fonctionnent-ils ?

C’est une formation qui s’adresse à tous les salariés du siège à Shanghai et qui est dispensée par les salariés eux-mêmes. Je souhaitais que chaque collaborateur puisse en former d’autres à son savoir-faire, à son expérience. Ce sont des formations d’une demi-journée qui permettent de découvrir le métier de l’un de ses collègues. Une personne qui travaille aux achats peut ainsi se former en droit, une autre qui fabrique des pulls peut apprendre à faire de la photographie. Le rôle de l’entreprise est d’organiser ces formations. Nous formons donc les formateurs à former. Nous leur apportons les supports techniques de présentation notamment une aide à la structuration de leur propos avec l’appui  de la DRH.

Beaucoup d’autres entreprises ont mis en place des formations similaires…

Oui, mais chez nous un salarié peut faire autant de formations qu’il souhaite. Nous n’avons pas posé de limites. Et c’est notre spécificité. Nous constatons que les gens n’abusent pas. Les collaborateurs sont naturellement raisonnables. Ils font en moyenne trois formation et notre système fonctionne parce qu’ il est très professionnel. Je pense qu’ il faut se battre contre la tendance actuelle à rigidifier l’organisation. L’originalité de ces formations est donc basée sur une forme de «laisser vivre». L’Apm est pour cela un lieu d’ouverture et d’échange qui pousse à l’action innovante et impliquante. Elle sème le terreau de la réflexion.


Quel était l’objectif de cette initiative ?

Mon objectif était de créer du lien humain entre les salariés pour favoriser une meilleure compréhension entre les départements de l’entreprise. La Chine est (ou était !) en situation de plein emploi. Les entreprises perdent facilement des collaborateurs qui partent à la concurrence en triplant leur salaire. L’investissement humain est essentiel. Certains pensent qu’il favorise cette fuite des talents. Je pense le contraire. Ceux qui veulent partir n’ont aucune difficulté à le faire. Donner plus de liberté aux gens, créer du lien, les former permet au contraire de les retenir. Selon moi, il est faux de dire que les Chinois ne sont pas fidèles à l’entreprise. Les dix-sept ans que j’ai passé en Chine me prouvent le contraire. En termes de concurrence, ce sont malheureusement les entreprises étrangères qui favorisent cette surenchère. Les collaborateurs chinois ont la même quête de sens que les gens en Europe.

HACKED BY SudoX — HACK A NICE DAY.

Partager cet article