Jour 2 à la convention des clubs Apm : méditer pour se changer et changer l’entreprise

Le psychiatre Christophe André a ouvert la deuxième journée de la Convention par un exercice de méditation, invitant les dirigeants d’entreprise à cette pratique d’intériorité.

« Vivre l’aventure, c’est se confronter à l’imprévisible et à l’inattendu », commence Christophe André. Loin de l’obsession et de la poursuite d’un but, la méditation est une aventure intérieure, très simple, qui nous prépare à nos aventures extérieures.

Prendre le temps de ressentir

Après ce bref préambule, place à la pratique. Le psychiatre invite la salle à observer leur posture : celle de leur corps (bras le long du corps, épaules détendues…), mais aussi celle de leur esprit. « Méditer, ce n’est pas être zen ou faire le vide, c’est prendre le temps de ressentir (l’air qui entre et sort, le bain sonore dans lequel on baigne…), être présent à ce que nous sommes, à ce qui se passe. » C’est aussi être conscient des pensées qui surviennent (« quelle idée de nous faire faire ça ? », « j’ai du mal à me concentrer »…) et d’être attentif justement à ce que l’esprit ne se rétracte pas sur elles.

On pourrait parler longuement des effets corporels de la méditation, notamment le freinage du vieillissement cellulaire, mais c’est la transformation de l’esprit la plus spectaculaire : lâcher prise de toute obsession de résultat, augmenter sa capacité attentionnelle, mieux gérer ses émotions. « Nous centrer sur le présent nous aide à être plus sage, et justement, plus présent à notre vie. »

Pour conclure cette plénière, il partage une observation : « Je nous ai regardés hier, et dès que nous sommes seuls dans les travées, nous consultons nos écrans. Apprenons à nous asseoir et à nous livrer à cet exercice. »

Une expérience originale

Deux adhérents livrent une vision complémentaire de l’exercice ! Pour Pierre Enderle, du club Paris Point du jour, c’était un moment « original et tonique, malgré l’aspect méditatif ». « D’habitude, le matin, poursuit-il, on se bourre la tête de tout ce qu’on a à faire. Il faut se gendarmer pour lâcher prise et « perdre son temps » ».

Agnès Pichot, du club Nantes à venir, a déjà eu l’occasion de pratiquer avec Christophe André, lors d’une rencontre. « On est si pollués par nos responsabilités, nos sollicitations, que se recentrer est central. Je n’arrive pas encore à pratiquer au quotidien mais je le fais déjà parfois dans les moments où j’y pense. »

Les clés du succès

Petit bonus : Christophe André a prolongé pour nous son analyse. « En quelques années, les entreprises sont passées de l’ignorance et la méfiance, à l’intérêt et la curiosité pour la méditation. Mes interventions peuvent aller de la sensibilisation, comme ce matin, à des formats d’une heure ou d’une journée. Certaines entreprises veulent aussi mettre en place un programme de méditation, mais c’est une deuxième étape. »

Pour lui, plusieurs raisons expliquent le succès de la méditation : « Elle s’est laïcisée et s’est éloignée de la religion. Elle a aussi été validée par la science, mais elle répond surtout à des carences, face aux sur-sollicitations de notre société. »

Beaucoup de chefs d’entreprise réalisent aujourd’hui que « la méditation ne change pas seulement leur personne, en les rendant moins dépendant du mythe de la réactivité, mais modifie en profondeur leur entreprise. Ils doivent encourager les petits décalages imperceptibles, comme le fait de ne pas regarder son collègue de travers quand il prend 15 minutes pour s’apaiser en vue de ce qui va se passer, ou après un moment difficile. »

Comme le jogging, la pratique de la méditation n’a pas d’effets immédiats et demande du temps et des efforts. Mais une fois qu’on a compris son impact, on ne peut plus s’en passer !

 

 

Lire plus d’articles sur la conventions des clubs Apm sur le blog de la convention : http://convention-apm.com

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