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Vous êtes à l’aise pour prendre la parole en public ? Vous prenez souvent la parole dans votre entreprise ? Cécile Falcon, experte de la prise de parole, nous livre une interview passionnante dans ce deuxième épisode de notre podcast Apm !

Cécile Falcon, experte pour l’Apm nous explique l’art oratoire et son apprentissage ! Elle prône une connexion parfaite entre le corps et l’esprit. Pour cela, il faut une maîtrise de sa respiration, car c’est elle qui donne du souffle au discours ! Vous l’aurez compris, Cécile Falcon vous explique comment devenir un bon orateur !

« Le stade suprême dans l’art oratoire, c’est quand on arrive à faire en sorte que les autres respirent en même temps que vous ! »

Écoutez l’épisode entier de notre podcast ici : 👇 http://bit.ly/2Jkz5N1

Cécile Falcon est diplômée de Normal Sup, de Sciences Po Paris et agrégée de Lettres Modernes. Elle est aussi Docteur en études théâtrales, comédienne, metteur en scène et auteur. Elle enseigne au Conservatoire National d’Art Dramatique à Paris et a coaché des acteurs aussi prestigieux que Fanny Ardant ou Gérard Depardieu. Elle intervient auprès de l’Apm en tant qu’experte de la prise de parole en public.

 

5 novembre 2019

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Sébastien Bras explique pourquoi il a décidé de rendre ses 3 étoiles Michelin. Il nous parle du sens du travail !

Sébastien c’est fait un prénom. Ce grand chef partage son expérience de la cuisine authentique issue de son terroir, l’Aubrac. Expert Apm, nous discutons avec lui de la notion d’excellence !

Sébastien dirige le restaurant « Le Suquet » et fait rayonner son amour de l’Aubrac à travers une cuisine humaine et sensible qu’il définit lui-même comme une cuisine des petits riens ! Une passion de la cuisine qui se transmet dans sa famille depuis trois générations. Plusieurs fois classé parmi les 10 meilleurs restaurant au monde, Le Suquet fait parler de lui en 2017, quand son chef décide de rendre ses trois étoiles au guide Michelin.

Comment se fait-on un prénom quand on porte le poids d’un Nom, transmis par un père chef cuisinier ?  Comment partir pour apprendre et pour mieux revenir à la maison ? Sébastien décrit son territoire, son environnement : l’Aubrac et discute de ce qu’est l’excellence, le sens qu’on donne à son travail, comment on dirige une équipe dans une cuisine renommée.

Retrouvez son interview dans le premier épisode de notre podcast ici : 👇 http://bit.ly/2pu3cdG

24 octobre 2019

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Vous connaissez « Apm Le Podcast » ? Toutes les deux semaines, trouvez l’interview d’un expert reconnu dans le #podcast de l’Apm ! L’Apm est un réseau d’entrepreneurs. L’objectif de l’Apm est d’exceller au quotidien, en offrant à nos dirigeants adhérents le meilleur de l’expertise, de la pédagogie et du réseau. C’est ce que nous comptons offrir au plus grand nombre dans ce podcast.

Apm Le Podcast donne accès aux échanges passionnants entre #entrepreneurs avec les meilleurs experts chaque mois. Une incroyable aventure vécue par 8 000 entrepreneurs dans les 400 clubs Apm. Gageons que ce Podcast sera le rendez-vous des #entrepreneurs  et que vous serez de plus en plus nombreux à nous écouter et nous rejoindre.

Bonne écoute à toutes et à tous !

#podcast #entrepreneur

14 octobre 2019

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Pour l’Apm, Marc Touati décrypte les prévisions économiques 2020, questionne les crises et bulles à venir et permet aux entrepreneurs d’anticiper et réfléchir ensemble aux menaces/opportunités qui en découlent. Voici quelques unes des questions posées par les dirigeants à Marc Touati vendredi dernier :

  • Pour 2020, quelles tendances ? Et tour d’horizon en France, en Chine, en Allemagne, en Angleterre. 
  • Il ne faut pas avoir peur de la crise. Pourquoi ? 
  • Comment l’anticiper ? Quels conseils pour les dirigeants ? 
  • Quelles stratégie anti crise  ? 
  • La prochaine crise annoncée va-t-elle vraiment nous faire changer de modèle ?  

Marc Touati en quelques mots : Marc Touati est à 27 ans, Directeur de recherche économique et financières d’une banque française. En 2007, il créé le cabinet ACDEFI, Au Commande De l’Economie et des Finances.  Il aime revenir sur le terrain à la rencontre des entrepreneurs ce qu’il fait à l’Apm depuis 12 ans.  Pour Marc, l’économie est une science humaine. Son prisme est de décrypter l’économie = faire de la pédagogie.

Son 8eme livre est sorti en septembre 2018, Un monde de bulles.  10 ans après le krach de 2008, comment éviter une nouvelle crise ? 

#France #Allemagne #EtatsUnis #Chine #Europe #crise #entrepreneurs

 

7 octobre 2019

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En direct de 2 jours de Convention Apm pour réfléchir aux enjeux de l’entreprise, nourrir la vision de 5 200 entrepreneurs, experts, animateurs et préparer demain.

Chaque convention Apm est un événement. Annecy proposait un écrin de nature de toute beauté, un soleil radieux, une salle de 10 000m2 pour accueillir 5 200 personnes, les jardins de l’Impérial Palace pour un temps festif et plus de 40 lieux dans la cité, la forêt, la montagne et le lac pour accueillir les 166 experts et 200 ateliers.

A Annecy, entrepreneurs, experts, animateurs ont pu réfléchir, expérimenter les profondeurs du lac ou la hauteur des sommets environnants, prendre du recul dans  le calme de la forêt, partager leurs expériences, écouter et être bousculés. Chacun repart avec une idée, des émotions. Ou plus encore…  Car la raison d’être de l’Apm est bien d’inspirer les entrepreneurs pour créer des richesses et contribuer à bâtir un monde plus humain.

Un impact très positif pour Annecy et la région. L’événement a été construit main dans la main avec le maire d’Annecy, Jean-Luc Rigaut et ses équipes. Livevent, agence événementielle locale, a aidé l’Apm à ancrer la convention sur le territoire, travailler avec les meilleurs prestataires locaux : plus de 60 prestataires locaux et 1 000 personnes de la région ont travaillé pour l’événement pendant 2 jours, les hôteliers de la région ont été largement associés.  

Une démarche RSE pour la Convention. En parallèle, l’Apm a privilégié la mobilité douce et l’utilisation des moyens de transport de l’agglomération. Ce qui a permis de réduire l’impact des déplacements. Une charte RSE et un Guide du participant responsable recensent les actions menées pendant la convention. Elles seront poursuivies à plus long terme le cadre de la démarche RSE du réseau.💡 #ConvApm

25 septembre 2019

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Après s’être engagé sur les sujets d’alimentation avec l’association Fermes d’Avenir et Blue Bees, Maxime a initié « La Bascule » avec plusieurs dizaines d’étudiants : un mouvement de lobbying citoyen pour enclencher les transitions démocratique, écologique et sociale. Politique mais apartisane, cette dynamique ambitionne de mettre les sujets d’intérêt collectif et la gestion de biens communs en tête des priorités.

Comment décririez-vous la situation actuelle de notre planète ?

La situation est préoccupante. La biodiversité est menacée : nous avons perdu 60 % des animaux sauvages en 40 ans et 80 % des insectes en 30 ans. Cette extinction est principalement dûe à nos modes de vie. Cette situation cristallise une indignation forte. Des mouvements citoyens se rassemblent, ils revendiquent avec des formes nouvelles, qui ne sont pas toujours apaisées.

Quel exemple récent d’entreprise a souhaité infléchir sa stratégie pour impacter la société ?

Les exemples ne sont pas répandus. Ils sont à la marge et si les politiques RSE ont fait leur place dans le paysage, on a toujours du mal à voir quelle est la vraie marge de manœuvre concédée aux directeurs de développement durable. Récemment, une tentative hors-cadre a été lancée par Danone, qui va ouvrir sa collection exceptionnelle de 1 800 souches de « ferments lactiques ». Depuis 1973, ces ferments sont sélectionnés et conservés. Ils pourront être utilisés par des chercheurs d’instituts publics comme de start-up privées, afin de faire avancer la science. C’est un pas significatif vers ce qu’on appelle la « coopération radicale ». Emmanuel Faber, le président de Danone est connu pour son engagement sociétal et on perçoit qu’il veut expérimenter pour faire avancer les problématiques écologiques.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je me suis beaucoup inspiré du biomimétisme. Littéralement, le biomimétisme consiste à imiter le vivant, qui développe des technologies ultra-résilientes, qui ne produisent pas de déchet et ne fonctionnent qu’avec l’énergie…du soleil ! On transpose les principes et les processus de la nature à l’ingénierie humaine. La démarche consiste à favoriser les « choix » faits par la nature pour répondre à nos besoins de manière respectueuse de l’environnement et soutenable dans la durée. 

Avez-vous en tête un exemple dans la nature de biomimétisme ?

On peut prendre l’exemple d’une famille d’éponges de mer. Certaines fabriquent du verre à température ambiante, à pression atmosphérique à partir de silicium dissous dans l’eau. Ce verre a des propriétés de résistances mécaniques très importantes. Là où nous avons besoin de silice pure et d’une énorme quantité d’énergie, on constate que la nature est bien plus efficace que nous !  

A votre échelle, quelles actions avez-vous pu mettre en œuvre ?

J’ai créé l’association Fermes d’Avenir avec pour objectif d’accélérer la transition agricole, notamment par l’expérimentation de terrain, la formation, le financement et, ce qui m’occupe le plus ces derniers temps, c’est le lobbying d’intérêt général pour faire valoir le bien-fondé de l’agroécologie.

L’un des enjeux fondamentaux, pour notre avenir, est de compter ce qui compte vraiment : notre modèle économique, reposant sur le seul indicateur financier, n’est pas adapté à une vision de long terme. Nous promouvons avec vigueur depuis plusieurs années une nouvelle approche comptable en trois capitaux, intégrant les capitaux naturel et humain en plus des euros. Quel superbe challenge pour nos organisations de devoir se réinventer en sachant ce que nous savons désormais.

Maxime de Rostolan intervient lors de la Convention Apm à Annecy sur le thème de l’engagement pour l’impact – Univers montagne – Vendredi 20 septembre 2019.

 

 

20 août 2019

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L’un de ses reportages conduit Corine Sombrun en 2001 en Mongolie, où le chamane Balgir lui annonce qu’elle est chamane. Elle suivra pendant plusieurs années un enseignement spécifique à la frontière de la Sibérie avec une chamane de l’ethnie des Tsaatans.

Vous avez largement contribué à faire comprendre l’état de transe. Pouvez-vous nous expliquer les facettes de ce potentiel ?

La transe est pratiquée par des populations ancestrales au travers du chamanisme. On a longtemps pensé que ce potentiel d’accès était réservé aux chamans. Grâce à mon parcours, on a pu effectuer des recherches avec des scientifiques pour savoir si on pouvait accéder à la transe sans passer par des inductions traditionnelles telles que les psychotropes, le tambour ou la danse. On a découvert que ce potentiel était accessible au plus grand nombre et pouvait être induit par la seule volonté.

Quelles ont été les étapes à franchir pour parvenir à ces résultats, et ainsi mieux comprendre le potentiel de la transe ?

Je travaille depuis 2006 avec des chercheurs dans le but de comprendre les mécanismes cérébraux liés aux états de transe. Ces recherches sont à l’origine de la première publication scientifique sur la transe chamanique mongole (Flor-Henry et al. 2017). En 2015, j’ai collaboré à un programme de recherche pour induire la transe par des séquences sonores, puis par la seule volonté. Ce programme, testé sur plus de 500 volontaires a permis à 85% d’entre eux de vivre un état de transe, démontrant qu’il n’est pas un don réservé aux seuls chamans, mais bien une capacité de tout cerveau humain. Ces résultats ont initié de nouveaux protocoles de recherches, notamment au CHU de Liège sous la direction de Steven Laureys et la création du TranceScience Research Institute, un réseau international de chercheurs investis dans les études neuroscientifiques des mécanismes, et des applications thérapeutiques liés à ce potentiel, désormais appelé « Transe cognitive (source Corine Sombrun) »

Selon vous, quelles sont les capacités nouvelles auxquelles on a accès quand on est transe ?

La transe semble ouvrir une fenêtre sur une intelligence et des processus infra-conscients dont nous n’avons en général aucune idée et dont cet état nous rend soudain le témoin. Le corps se met à bouger, nous produisons des sons, notre force augmente, la sensation de la douleur diminue, la perception du temps est modifiée, nous avons accès à un champ d’informations peu accessible en état de conscience ordinaire, et tout cela sans que nous l’ayons induit de façon volontaire. L’état des connaissances sur ce phénomène de transe en est encore à ses débuts, mais nos recherches nous permettent déjà de penser qu’elle est à la fois un outil d’exploration d’une réalité sous-jacente et un outil de développement cognitif. Elle semble aussi donner un accès amplifié à certains processus de guérison et à des mécanismes d’apprentissage intuitif, comme ceux utilisés par les bébés pour « apprendre sans avoir à apprendre ». Ce qui reste encore un mystère pour la recherche sera donc peut-être un jour élucidé par l’étude de ces états « intuitifs » de conscience.

A la Convention, Univers forêt / Jeudi 19 / De la transe chamanique à la transe cognitive / Corine Sombrun et Francis Taulelle

copyright photo ©PhilippeDobrowolska

26 juillet 2019

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Regards croisés entre Hesna Cailliau et Patrice Georget sur l’intuition. 

Hesna Cailliau : Etymologiquement, le mot intuition désigne ce qui jaillit de façon directe et spontanée de  l’intérieur (in) vers l’extérieur( tio) sans passer par un raisonnement logique. Parce que l’intuition surprend voire dérange, il paraît plus facile et rassurant de suivre la voie de la raison : ses explications et ses démonstrations donnent l’impression de savoir où l’on va mais ce faisant le risque est d’étouffer sa créativité. Le mathématicien Henri Poincaré le dit bien : «  Avec l’intuition nous inventons, avec la raison nous démontrons, dès que nous commençons à raisonner nous coupons le processus de l’intuition. » L’inspiration surgit lorsque la pensée suspend son vol, dans les moments de relâchement, d’où le bienfait de la méditation désormais  reconnu par les neurosciences.

Patrice Georget :  Sur le thème de la prise de décision, il existe de nombreuses fausses croyances. Selon ces quasi dogmes, il faudrait se méfier de nos impulsions, de la première pensée qui surgit avant de décider. On nous laisse entendre qu’il faudrait prendre des précautions. Il existerait une bonne manière de décider en évaluant en amont, les chances de succès et les risques de l’échec. On propose même de nombreux manuels pour expliquer les meilleures voies possibles pour décider. On livre aussi tous les écueils à éviter. A force de vouloir trop d’objectivisme, on néglige des chemins possibles. Le génie de l’intuition est de nous permettre de décider dans des situations complexes, en tenant compte de tous les paramètres, incertitudes, rapidité, hiérarchisation de l’information. Dans les situations qui nous engagent fortement, l’intuition est une voie tout particulièrement pertinente.

Quels sont les processus au cours desquels la raison complexifie la décision?

Patrice Georget : Faites l’expérience de féliciter votre partenaire de tennis pour son magnifique coup droit si vous êtes en compétition, lors du changement de terrain. L’effet est surprenant. On peut penser que cette parole le consolide dans son jeu, mais non. Le coup droit est un geste que notre cerveau a automatisé. Le joueur fait ce coup sans y penser. Le rappel conscient de ce geste va induire un changement de mentalisation du comportement. Le geste qui était automatique va devenir soudainement conscient. La phrase anodine, voire un brin flatteuse va exercer sur lui un regard contrôlant qui déstabilise. En faisant attention, le joueur va commencer à multiplier les erreurs.

Qu’y a-t-il de miraculeux dans l’intuition ?

Hesna Cailliau : Pour toutes les grandes traditions de l’humanité, l’intuition est l’intelligence supérieure, « le 6° sens », « le 3° œil ». Elle permet de détecter les connexions subtiles que l’apparence oppose car dans la réalité tout est tissé comme les trames d’un tapis, de détecter aussi les signes annonciateurs des changements à venir car le futur est dans le présent à l’état de germe. A trop vouloir expliquer et démontrer, on risque de s’enfermer dans son raisonnement et de devenir sourd aux idées nouvelles et aveugles aux signaux faibles. Kodak a disparu parce que ses dirigeants n’ont pas pris suffisamment en compte les signes annonciateurs de l’essor du numérique, forts d’un business  model qui a fait ses preuves dans le passé. Dans un monde qui change de plus en plus vite, l’avenir appartient à ceux qui sont capables de percevoir avant les autres les tendances de fond mais aussi les dangers à venir ce qui permet d’agir en amont avant que la fissure ne devienne crevasse. Sentir, ressentir est désormais plus important que raisonner.

Dans le collectif, comment peut-on mieux gérer la prise de décision ?

Patrice Georget : Nous devons être vigilant à ne pas communautariser nos vies et nos décisions. La société est désormais très divisée, chacun joue et décide en fonction de sa partition sociale : gilets jaunes, anti gilets jaunes… Ce n’est qu’un exemple. La logique serait de ne pas nous définir en fonction de nos dissemblances, mais bien en fonction de ce qui peut nous « assembler », ce qui nous permet de faire « humanité ».

24 juillet 2019

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Echanges avec Jean Jouzel. Vous avez travaillé en terres lointaines pour observer ces phénomènes climatiques. Pourquoi est-il si important pour l’homme de rester connecté à la nature ?

Il faut regarder la nature. J’ai commencé ma carrière en étudiant la grêle. Et l’observation réelle de la nature a été essentielle pour moi pour compléter le travail de simulations réalisées dans nos laboratoires. On ne peut pas laisser nos paysages disparaître. La terre est un bien qu’on nous a légué. Il nous appartient de mener nos activités dans le respect de la biodiversité. Les événements récents nous montrent combien les calendriers naturels tels que les dates des vendanges peuvent être bouleversés.

Vous aimez remonter dans le temps en reconstruisant les climats passés. Quels enseignements en avez-vous tiré pour le climat du futur ?

Le passé nous livre des informations pertinentes qui nous éclairent sur l’évolution du climat. La communauté scientifique a pu mettre en évidence en 1987 qu’il existait un lien entre les gaz à effet de serre et variations climatiques passées. Ces résultats ont été obtenus après analyse des carottes glaciaires issues du forage antarctique de Vostok. Puis, nous avons montré que des variations climatiques pouvaient être très rapides. Le passé nous enseigne aussi que les périodes chaudes ont provoqué des élévations importantes du niveau de la mer. Ce qui est un facteur prédictif des menaces claires qui pèsent sur la planète. Enfin, il est essentiel d’étudier la variabilité du climat sur des échelles de temps long pour pouvoir comprendre les phénomènes extrêmes climatiques actuels tels que El Nino. Ce que nous vivons aujourd’hui bénéficie de ces enseignements du passé et nous invite fortement à mieux agir pour notre futur.

 

En quoi la situation actuelle de notre planète est-elle unique ?

De tout temps, la planète a connu des variations climatiques. Ces variations avaient toujours une origine naturelle. Jusqu’au XIXème siècle au moins. Depuis, nous sommes confrontés à une exceptionnelle variabilité climatique provoquée par nos activités humaines. En modifiant la composition de l’atmosphère, nos actions ont impacté le climat. Quand la variabilité naturelle du climat provoque un réchauffement d’un dixième de degré, le réchauffement lié aux activités humaines est près de dix fois plus important. Notre situation est unique car c’est la première fois que, dans l’histoire de l’humanité, un tel phénomène se produit. L’homme est la cause essentielle de ces dérèglements.

 

Quelle part les entreprises peuvent prendre dans la protection de notre planète et de l’humanité ?

Les entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la transition climatique. Petit à petit, nous avons pris conscience de la nécessité d’être une communauté soudée et cohérente. Je suis convaincu que la solution est de tous regarder dans la même direction. Tous les secteurs économiques peuvent participer sans exception. L’investissement vert aura des effets vertueux. A nous de nous rassembler. Il faut agir sur les dix ans à venir pour maintenir le réchauffement à long terme en deçà de 1,5 degré, ce qui est indispensable si l’on veut pouvoir s’y adapter.

A la Convention, Univers forêt / Regards croisés Jean Jouzel & Laurence de la Ferrière – Vivre, découvrir et s’engager pour la planète

22 juillet 2019

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Altitude et attitude, quand la montagne invite à repenser l’expression du leadership. Echange avec Blaise Agresti. 

En quoi la montagne permet-elle d’ouvrir une voie vers la connaissance de soi ?

La montagne offre un espace immense et dépouillé. Tout est plus grand qu’à l’échelle humaine car c’est un univers qui dépasse les dimensions habituelles de notre quotidien. L’immensité de la montagne nous renvoie à notre petitesse d’être humain. Le rapport au temps, à l’espace et aux autres en est considérablement modifié.

Cet univers permet de recréer un lien entre « soi et soi » et entre « soi et les autres ». Dès qu’il sort du refuge, dans cet espace immense, l’homme mesure sa fragilité et sa vulnérabilité. Sa place n’est plus celle qu’il a « en bas » dans la cité. Il est clairement plus exposé. Cet environnement crée des conditions favorables à une meilleure compréhension de soi. L’homme peut ainsi se situer dans une nouvelle perspective et une vision différente de sa place dans l’univers. Il n’est plus le centre de tout.

Le pouvoir d’émerveillement agit comme un catalyseur. En montagne, la contemplation du paysage, des glaciers et des sommets, génère une émotion distincte d’un plaisir immédiat et furtif. La réaction physiologique est comparable à un sentiment qui dure. Les visages s’éclairent. Les corps se délient, se dénouent. La beauté des paysages remplit. La montagne est un concentré de vide, de hauteur, de verticalité… . Elle incarne l’inconnu hors des repères habituels.

Que se passe-t-il quand on est novice ? Le corps répond-il à cet effort ?

L’expérience de la haute montagne crée un rapport différent à notre corps. En alpinisme, il faut être capable de marcher sur une arête enneigée, cheminer sur des vires étroites, grimper, côtoyer le vide. Les premières heures, beaucoup de personnes ne se sentent pas capables de faire. La peur et l’appréhension prennent le dessus. Pas à pas, la confiance s’installe et permet de repousser cette appréhension. Puis, très vite, on découvre en soi des capacités et des habilités insoupçonnées. Un peu comme un enfant qui apprend à monter à l’arbre et se rend compte tout à coup que c’est possible. Au bureau, dans nos vies urbaines et assises, la sédentarité nous prive de nos sensations et de notre agilité. Dans l’univers de l’entreprise, se mettre debout lors d’une réunion de travail ou marcher pour partager des informations ou des idées avec un collaborateur permet de créer les conditions du mouvement dynamique et d’une pensée créative. Cela semble simple mais l’acceptation d’un déséquilibre physique ouvre un horizon nouveau sur le plan intellectuel.

Dans quelle mesure la montagne permet de mieux maîtriser ses peurs ?

En montagne, il est naturel d’avoir peur du vide car la verticalité s’impose à soi et peut envahir nos pensées. L’appréhension la plus forte est celle de la chute. C’est une peur primale et métaphorique. En surmontant cette peur, on peut réapprendre une forme de liberté. Le médiateur, le guide de haute montagne ou le dirigeant qui accompagne et qui guide, est là pour vous accompagner à surmonter cette peur du vide. Avec des gestes simples, une attention à chaque instant, le guide recrée une capacité à surmonter les épreuves. Ainsi, le corps et l’esprit peuvent à nouveau fonctionner ensemble, s’accorder et s’aligner. Cet alignement est fondamental pour progresser vers le sommet.

L’ascension modifie-t-elle les liens ?

L’ascension abolit le jeu social, les hiérarchies et les manifestations de pouvoir. On a besoin des autres à chaque instant. En position plus fragile, on met en place des relations nouvelles car chacun doit pouvoir s’appuyer sur les autres, encordé dans un rapport de vérité. Mais pour bien collaborer « en haut » dans les montagnes, il faut renoncer au jeu social d’« en bas », aux postures et à la politique.

En haut, les statuts sont abolis. De nouvelles hiérarchies s’imposent. Plus naturelles. Le guide ne doit pas être le chef autoritaire. Il est un facilitateur qui permet à chacun d’installer une coopération bienveillante. Si le guide prend le pouvoir, il réinstaure insidieusement les rapports anciens. Ceux d’en bas. Progressivement, chacun peut reprendre le pouvoir avec ses propres compétences et ses facultés d’adaptation personnelles. Le guide doit être à l’écoute des signaux faibles, percevoir les vides et les pleins des réactions et des liens de la cordée. Ainsi, la magie de la cordée s’opère. Une collaboration féconde s’installe. Elle se fonde sur ce qu’on est et non pas sur ce que l’on représente. Cette magie, cette résonancedoit sonner juste sinon le groupe ne pourrait ni avancer, ni progresser, ni renoncer sans frustration.

La solidarité qui s’est exprimée dans des moments faciles ou plus délicats repose sur un mécanisme qui s’est affranchi de la quête frénétique de la performance. Le guide doit pouvoir symboliquement être le gardien de cela. Le sommet n’est pas une obsession. Seul le cheminement est porteur de sens. Pour garantir ce lien puissant créé en altitude et éviter qu’il ne se perde au retour dans la vallée, chacun doit absolument comprendre le fondement même de cette collaboration et les mécanismes qui la nourrissent.

La corde relie entre elles les personnes physiquement. Quel est son rôle ?

Au sens premier, la corde relie le premier au deuxième, le deuxième au troisième et ainsi de suite. Le premier fait la trace mais il doit aussi s’adapter au rythme du plus faible. Il y a un premier qui exerce une forme de leadership, donne le cap, oriente et permet l’émergence d’un collectif. Ce lien peut être formel ou informel. A un certain moment, les personnes qui forment la cordée n’ont plus besoin de se parler pour se comprendre. La communication non verbale prend le pas sur la parole. Une petite musique de connivence s’installe. La corde exprime une symbolique puissante qui évoque nos interdépendances. Elle rappelle aussi le lien mère – enfant. Mais au cours de l’ascension, la relation n’est jamais figée et les rôles peuvent s’inverser au fil des décisions et en fonction des aptitudes personnelles face aux épreuves. La communication dans la cordée est fondée sur la confiance et le compagnonnage. A l’instar de la relation manager-collaborateur, mais cette fois-ci sous une forme nouvelle, plus organique. En créant cette interaction au niveau du binôme, on peut élargir ensuite la confiance à d’autres et constituer un groupe par agrégat. Mais si l’interaction initiale ne fonctionne pas, difficile de structurer un collectif.

Comment nos capacités d’adaptation sont-elles engagées ?

Un sommet s’envisage dans sa puissance symbolique, sa difficulté et sa complexité en lien avec les conditions du moment. Il faut donc l’aborder avec humilité. Gravir un sommet, c’est aussi fractionner l’ascension par étapes et segmenter le cheminement. L’ascension se fait par itérations successives en tenant compte des informations à sa portée… . Si les conditions météos tiennent, je peux poursuivre encore ou m’adapter. Tout au long du parcours, les indicateurs sont réversibles. La cordée progresse en expérimentant, étapes après étapes. Le groupe fonde ses choix sur le consensus véritable en posant les options de manière lucide et en les partageant régulièrement. Même si la décision n’est pas parfaite, le consensus véritable est fondamental pour une adhésion de tous. Chacun fera tout pour que ce qui a été décidé se réalise. La clef de la cohésion est l’objectif commun. Le groupe prend le risque de se fissurer en cas de renoncement ou d’adaptation de l’objectif. La performance n’est pas d’arriver au sommet. Parfois, on ne l’atteint pas à quelques mètres près. Si on arrive à désacraliser cette idée du sommet, on libère les équipes d’une pression insoutenable. Chacun peut éprouver un sentiment de plénitude à faire simplement cordée avec les autres. L’accomplissement vient donc de cette idée de cheminement et de la cordée qui fait « humanité ». En entreprise, comme dans le projet de gravir un sommet, quand les collaborateurs ont intériorisé cette coopération, une forme d’intelligence collective nouvelle se met en mouvement…

A la Convention, Univers montagne / Jeudi et vendredi / live expérientiel / Apprendre de l’altitude avec Blaise Agresti et Erik Decamp

18 juillet 2019

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