Témoignage : l’économie circulaire crée de l’emploi et du sens pour les salariés

 A la suite d’un voyage « apprenant », Emmanuelle Legault, 38 ans, DG de Cadiou Industries, et membre du club Finistère Ponant depuis 8 ans, a fait de l’économie circulaire son credo. Depuis deux ans, chez ce fabriquant breton de portails et de garde-corps en aluminium, leader sur le marché français, rien ne se perd et tout se transforme.En 2014, vous avez décidé de vous inscrire au voyage Apm aux Pays Bas sur l’économie circulaire.
QUELLES ONT ETE VOS MOTIVATIONS ?
Nous sommes des industriels et avant de faire ce voyage, je ne connaissais rien à l’économie circulaire. J’avais juste été sensibilisée au développement durable grâce à un programme proposé par la région Bretagne. Je suis une inconditionnelle de l’Apm et je voulais faire un « extra-club ». Alors quand j’ai reçu le programme de ce voyage, je me suis inscrite par curiosité. Je voulais rencontrer d’autres entreprises et me confronter à de nouvelles manières de penser. Pour moi, un chef d’entreprise doit être un visionnaire, anticiper l’avenir, explorer ce qu’il ne connaît pas.
QUEL A ETE L’IMPACT DE CE VOYAGE ?
Je me suis retrouvée avec dix autres patrons dans un voyage passionnant qui a été une révélation. Nous avons d’abord suivi une conférence sur l’économie circulaire puis pendant deux jours, nous avons visité des entreprises en Hollande et en Belgique. Nous avons découvert un parc de bureaux à Amsterdam construit pour être démonté et non pas détruit. Nous avons ensuite été chez Desso, un fabriquant de moquettes, qui a eu l’idée révolutionnaire d’inventer une moquette recyclable à l’infini (éco-conçue) purifiant l’air des bureaux. Cette entreprise a explosé son chiffre d’affaires grâce à cette innovation et a renoué avec la rentabilité alors qu’auparavant elle était au bord de la faillite. Enfin, nous avons rencontré les équipes de Mossa, une société qui fabrique du carrelage également éco-conçu. Ces découvertes m’ont vraiment interpellée d’autant plus que notre industrie utilise l’aluminium qui provient d’une ressource naturelle qui s’appelle la bauxite d’aluminium. Jusqu’à ce voyage, nous fabriquions à partir de la matière neuve. Je me suis alors demandée comment faire autrement.
QUELLES ONT ETE LES ACTIONS CONCRETES QUE VOUS AVEZ MISES EN OEUVRE ?
Dès mon retour, j’ai mobilisé nos équipes pour déployer une politique de développement durable. Aujourd’hui, nous recyclons 99 % de nos déchets (carton, bois, aluminium). Ce sont désormais « des ressources », réutilisables soit pour nous, soit pour d’autres partenaires locaux. Cette opération ne nous coûte rien. Au contraire, elle nous rapporte. A titre d’exemple, il y a deux ans, nous payions le ramassage de nos déchets. Aujourd’hui, nous réutilisons ou revendons nos ressources triées et valorisées. Nos produits sont par ailleurs éco-conçus et recyclables à l’infini. Nous aimerions obtenir le label de l’économie circulaire, le label « cradle to cradle » (C2C). Enfin, nous avons créé en interne un Trophée du développement durable autour de trois grands thèmes : l’éco-conception, le geste environnemental, l’énergie. Cette idée a eu un effet très mobilisateur auprès de l’ensemble de nos salariés qui ont inventé des solutions innovantes pour l’entreprise mais aussi des procédés tout simples et auxquels nous n’avions jamais pensé. L’économie circulaire crée de l’emploi et du sens pour les salariés. Pour moi, c’est l’avenir !

 

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